Introduction
« Il faut gagner au moins 5 000 € par mois pour acheter dans le neuf. » Voilà le genre d’idée reçue qui décourage des milliers d’acheteurs potentiels chaque année. La réalité est bien plus nuancée, et souvent plus accessible que ce qu’on imagine.
La vérité, c’est qu’il n’existe pas de « salaire minimum » universel pour acheter dans le neuf. Tout dépend du prix du bien, de ta zone, de ton apport, de tes crédits en cours, et des dispositifs aidés auxquels tu as droit. Un primo-accédant à 2 200 € net dans une ville moyenne peut tout à fait devenir propriétaire d’un T2 neuf avec le PTZ. À l’inverse, un cadre à 4 500 € net à Paris peut galérer à acheter un studio.
Cet article te donne tous les calculs concrets pour savoir, précisément, combien il faut gagner selon ton projet. Avec des tableaux par type de bien, par zone, et par profil. À la fin, tu sauras exactement où tu te situes et quels leviers actionner si ton salaire actuel semble juste.
👉 À retenir : la question « combien faut-il gagner » est mal posée. La vraie question est « quelle est ma capacité d’emprunt totale, en intégrant mes revenus, mon apport, et les dispositifs aidés ? ». Deux personnes au même salaire peuvent avoir des capacités d’achat radicalement différentes.
1. La vraie question : ce n’est pas qu’une histoire de salaire
Avant les calculs, il faut casser une idée reçue tenace : ton salaire seul ne détermine pas ta capacité d’achat. C’est un facteur parmi plusieurs.
Les 4 facteurs qui déterminent ta capacité d’achat
Tes revenus, bien sûr. Mais pas seulement le salaire : primes, revenus locatifs existants, revenus du conjoint, certaines allocations.
Ton taux d’endettement actuel. Si tu as déjà un crédit auto ou conso, ta capacité diminue d’autant. À salaire égal, quelqu’un sans crédit en cours peut emprunter beaucoup plus.
Ton apport personnel. Plus ton apport est élevé, moins tu empruntes, donc plus le projet est accessible à salaire donné. L’apport agit comme un multiplicateur de capacité.
Les dispositifs aidés. Le PTZ notamment peut financer une partie de ton acquisition à 0 % d’intérêt. Attention cependant : le PTZ reste un prêt que tu rembourses, pas un cadeau. Il ne s’ajoute donc pas à ta capacité comme de l’apport. Son avantage, c’est qu’à 0 %, il « coûte » moins cher en mensualité qu’un prêt classique, ce qui te permet d’emprunter un peu plus de capital total. On le démontre chiffres à l’appui plus bas.
L’équation réelle
Ta capacité d’achat se calcule ainsi :
Capacité d’achat = Capacité d’emprunt totale + Apport personnel
La nuance importante : la capacité d’emprunt totale regroupe TOUS tes prêts (prêt principal + PTZ + prêt Action Logement + autres prêts aidés). Tous ces prêts, même le PTZ à 0 %, génèrent un remboursement qui doit rester dans la limite des 35 % d’endettement.
Mais voici le point clé que beaucoup ratent : parce que le PTZ ne génère pas d’intérêts, il permet d’emprunter plus de capital total pour une même mensualité. C’est cet effet précis qu’on va chiffrer dans la section 4.
Et ta capacité d’emprunt dépend de tes revenus ET de tes charges, via la fameuse règle des 35 %.
Pour calculer ta capacité précise selon tes revenus, ton apport et tes crédits en cours, utilise notre simulateur de capacité d’emprunt.
C’est pour ça qu’on ne peut pas répondre « il faut gagner X € » sans connaître ta situation complète. Mais on peut donner des ordres de grandeur précis, c’est l’objet de cet article.
2. La règle des 35 % expliquée simplement
Toute la mécanique repose sur cette règle. Comprends-la et tu comprends tout le reste.
Ce que dit la règle
Depuis 2022, le Haut Conseil de Stabilité Financière (HCSF) impose que ton taux d’endettement ne dépasse pas 35 % de tes revenus nets, assurance emprunteur incluse. La durée maximale du prêt est de 25 ans (27 ans dans le neuf avec différé).
Concrètement, la somme de toutes tes mensualités de crédit (immobilier + autres crédits) ne peut pas dépasser 35 % de tes revenus nets mensuels.
Le calcul de ta mensualité maximale
C’est simple : Mensualité max = Revenus nets mensuels × 0,35
Quelques exemples :
- Revenus de 2 000 € : mensualité max de 700 €
- Revenus de 2 500 € : mensualité max de 875 €
- Revenus de 3 000 € : mensualité max de 1 050 €
- Revenus de 4 000 € : mensualité max de 1 400 €
- Revenus de 5 000 € : mensualité max de 1 750 €
Attention : si tu as déjà un crédit (auto, conso), sa mensualité se déduit de ce montant. Avec 3 000 € de revenus et un crédit auto de 250 €/mois, ta mensualité immobilière max tombe à 800 € (1 050 – 250).
De la mensualité au capital empruntable
À partir de ta mensualité maximale, on calcule combien tu peux emprunter. Ça dépend du taux et de la durée. Avec les taux 2026 (autour de 3,3-3,5 % sur 25 ans), voici les ordres de grandeur :
1 000 € de mensualité sur 25 ans à 3,4 % ≈ 202 000 € empruntables
Donc, règle de pouce simplifiée pour 2026 : environ 200 000 € empruntables par tranche de 1 000 € de mensualité sur 25 ans, au taux du marché.
Garde bien ce chiffre en tête : on va voir juste après qu’avec un PTZ, à mensualité identique, on peut dépasser ce montant.
Pour creuser cette règle déterminante, l’article complet sur la règle des 35 % en crédit immobilier détaille tous les calculs et les exceptions.
3. Combien tu peux emprunter selon ton salaire
Voici les tableaux concrets. Hypothèses : prêt sur 25 ans, taux 3,4 %, aucun autre crédit en cours, assurance incluse, sans PTZ (on ajoute son effet dans la section suivante).
Pour une personne seule
| Revenus nets/mois | Mensualité max (35 %) | Capacité d’emprunt |
|---|---|---|
| 1 800 € | 630 € | ~127 000 € |
| 2 200 € | 770 € | ~155 000 € |
| 2 500 € | 875 € | ~177 000 € |
| 3 000 € | 1 050 € | ~212 000 € |
| 3 500 € | 1 225 € | ~247 000 € |
| 4 000 € | 1 400 € | ~283 000 € |
Pour un couple (revenus cumulés)
| Revenus nets/mois | Mensualité max (35 %) | Capacité d’emprunt |
|---|---|---|
| 3 500 € | 1 225 € | ~247 000 € |
| 4 000 € | 1 400 € | ~283 000 € |
| 4 500 € | 1 575 € | ~318 000 € |
| 5 000 € | 1 750 € | ~353 000 € |
| 6 000 € | 2 100 € | ~424 000 € |
| 7 000 € | 2 450 € | ~495 000 € |
💡 Astuce : ces montants sont des capacités d’emprunt au taux du marché. Pour un primo-accédant, une partie de cette enveloppe peut être remplacée par un PTZ à 0 %, ce qui augmente le capital total empruntable à mensualité égale (on le démontre juste après). Et ton apport personnel, lui, vient encore en plus.
L’impact du taux
Le taux influence fortement ta capacité. Pour 1 400 € de mensualité sur 25 ans :
- À 3,0 % : ~295 000 € empruntables
- À 3,4 % : ~283 000 € empruntables
- À 4,0 % : ~265 000 € empruntables
Soit 30 000 € d’écart entre 3,0 % et 4,0 %. C’est pourquoi la négociation du taux (ou le recours à un courtier) est cruciale. Et c’est aussi pourquoi le PTZ, à 0 %, a un effet aussi intéressant : on le voit maintenant.
4. Le PTZ et l’apport : deux leviers qui agissent différemment
C’est ici que beaucoup d’acheteurs (et même certains articles) se trompent. Le PTZ et l’apport augmentent tous les deux ta capacité d’achat, mais par des mécanismes complètement différents. Comprendre la nuance change tout.
L’apport : de l’argent à toi qui s’ajoute directement
L’apport, c’est ta propre épargne. Tu ne le rembourses pas, il ne génère aucune mensualité. Il s’ajoute donc intégralement à ta capacité d’emprunt pour former ton budget total.
Prenons un couple à 4 000 € net, capacité d’emprunt de 283 000 € au taux du marché :
- Sans apport : budget total ~283 000 € (mais difficile à obtenir en 2026)
- Avec 30 000 € d’apport : budget total ~313 000 €
- Avec 50 000 € d’apport : budget total ~333 000 €
Simple : chaque euro d’apport est un euro de budget en plus.
Le PTZ : un prêt à 0 % qui augmente le capital empruntable à mensualité égale
Le PTZ, lui, est un prêt. Tu le rembourses. Mais comme il ne génère aucun intérêt, il « coûte » moins cher en mensualité qu’un prêt classique. Conséquence : pour une même mensualité, tu peux emprunter un capital total plus élevé. Voici la démonstration.
Scénario sans PTZ. Tu as 1 000 €/mois de capacité de remboursement sur 25 ans. Au taux du marché de 3,4 %, ça finance environ 202 000 € de capital. C’est tout.
Scénario avec un PTZ de 60 000 €. Tu as toujours la même mensualité totale de 1 000 €/mois. Mais cette fois, une partie de ton financement est un PTZ à 0 %.
- Le PTZ de 60 000 € remboursé sur 25 ans à 0 % représente une mensualité de 200 € (60 000 ÷ 300 mois)
- Il te reste donc 800 €/mois pour le prêt principal
- 800 €/mois au taux du marché de 3,4 % sur 25 ans finance environ 161 000 €
- Capital total emprunté : 161 000 + 60 000 = 221 000 €
Résultat : à mensualité strictement identique (1 000 €/mois), tu passes de 202 000 € sans PTZ à 221 000 € avec un PTZ de 60 000 €. Soit environ 19 000 € de capacité supplémentaire, uniquement parce que la part PTZ ne porte pas d’intérêts.
La synthèse visuelle
| Scénario (mensualité fixe de 1 000 €/mois sur 25 ans) | Capital total emprunté |
|---|---|
| Sans PTZ (tout à 3,4 %) | ~202 000 € |
| Avec PTZ de 60 000 € | ~221 000 € |
| Avec PTZ de 75 000 € | ~225 000 € |
👉 À retenir : le PTZ n’est pas de l’apport (tu le rembourses), mais ce n’est pas non plus neutre sur ta capacité. Parce qu’il est à 0 %, il te permet d’emprunter plus de capital total pour la même mensualité. Dans cet exemple, un PTZ de 60 000 € fait gagner environ 19 000 € de capacité d’achat. Et ce calcul est volontairement prudent : avec le différé de remboursement du PTZ (tu ne le rembourses qu’après plusieurs années), l’effet sur tes premières années est encore plus favorable.
Et quand on combine apport ET PTZ
Reprenons le couple à 4 000 € net. Avec une mensualité max de 1 400 € :
- Capacité d’emprunt sans PTZ : ~283 000 €
- Avec un PTZ de 75 000 € intégré : capacité d’emprunt totale d’environ ~310 000 € (à mensualité égale, grâce au 0 %)
- En ajoutant 40 000 € d’apport : budget total d’environ 350 000 €
Tu vois la logique : l’apport s’ajoute directement, le PTZ augmente le capital empruntable via l’absence d’intérêts. Les deux se cumulent, mais chacun à sa manière.
⚠️ Attention : ne mets pas TOUTE ton épargne dans l’apport. En VEFA, tu auras besoin de trésorerie pendant le chantier (intérêts intercalaires, TMA, frais de raccordement, cuisine). Garde toujours 3-6 mois de mensualités en réserve de sécurité après l’apport.
Pour savoir si tu peux acheter avec peu ou pas d’apport, l’article peut-on acheter dans le neuf sans apport détaille tous les cas de figure.
5. Combien gagner pour différents types de biens neufs
Maintenant, l’approche inverse : pour un bien donné, combien faut-il gagner ? Hypothèses : 10 % d’apport, financement sur 25 ans à 3,4 %, pas d’autre crédit. Pour un primo-accédant avec PTZ, les revenus nécessaires sont légèrement inférieurs (grâce à l’effet 0 % qu’on vient de voir).
Studio neuf (120 000 à 160 000 €)
| Prix du bien | Apport (10 %) | À emprunter | Revenus nécessaires |
|---|---|---|---|
| 120 000 € | 12 000 € | ~108 000 € | ~1 530 €/mois |
| 140 000 € | 14 000 € | ~126 000 € | ~1 790 €/mois |
| 160 000 € | 16 000 € | ~144 000 € | ~2 040 €/mois |
Un studio neuf en ville moyenne est donc accessible dès 1 500 à 2 000 € de revenus. Loin du mythe des 5 000 €.
T2 neuf (180 000 à 280 000 €)
| Prix du bien | Apport (10 %) | À emprunter | Revenus nécessaires |
|---|---|---|---|
| 180 000 € | 18 000 € | ~162 000 € | ~2 290 €/mois |
| 220 000 € | 22 000 € | ~198 000 € | ~2 800 €/mois |
| 280 000 € | 28 000 € | ~252 000 € | ~3 570 €/mois |
Un T2 neuf demande entre 2 300 et 3 600 € de revenus selon la zone (seul ou en couple).
T3 neuf (260 000 à 420 000 €)
| Prix du bien | Apport (10 %) | À emprunter | Revenus nécessaires |
|---|---|---|---|
| 260 000 € | 26 000 € | ~234 000 € | ~3 310 €/mois |
| 340 000 € | 34 000 € | ~306 000 € | ~4 330 €/mois |
| 420 000 € | 42 000 € | ~378 000 € | ~5 350 €/mois |
Un T3 neuf demande entre 3 300 et 5 400 € de revenus, généralement accessible en couple.
👉 À retenir : ces chiffres correspondent à un financement classique à 10 % d’apport. Pour un primo-accédant, intégrer un PTZ abaisse légèrement les revenus nécessaires, puisqu’à mensualité égale on emprunte plus de capital. Vérifie toujours ton éligibilité au PTZ : il rend ton crédit moins cher et augmente ta capacité d’achat.
6. Les revenus pris en compte (et ceux qui ne le sont pas)
Tous les revenus ne pèsent pas le même poids dans le calcul bancaire. Voici comment les banques les traitent.
Les revenus pris à 100 %
- Salaires en CDI (hors période d’essai)
- Pensions de retraite
- Revenus de fonctionnaires titulaires
Ce sont les revenus les plus solides aux yeux des banques.
Les revenus pris partiellement
- Primes variables et bonus : pris à 50-80 % selon leur récurrence (moyenne sur 2-3 ans)
- Revenus locatifs existants : généralement retenus à 70 % (pour anticiper la vacance et les charges)
- Revenus de travailleurs non-salariés (TNS) : moyenne des 2-3 derniers exercices
- Heures supplémentaires : prises en compte si régulières et documentées
Les revenus rarement ou pas pris en compte
- Allocations chômage : généralement exclues
- Revenus exceptionnels ponctuels : non retenus
- Aides ponctuelles familiales : non retenues
- Revenus en période d’essai : attendre la titularisation
Le cas des CDD et de l’intérim
Les profils en CDD ou intérim ne sont pas exclus du crédit, mais c’est plus difficile. Les banques regardent la régularité et l’ancienneté. Un intérimaire avec 3 ans de missions continues dans le même secteur peut obtenir un prêt. Un CDD isolé, c’est compliqué.
💡 Astuce : si tu as des revenus variables importants (commercial, freelance, primes), prépare 2-3 ans de justificatifs propres. Les banques se basent sur la moyenne et la régularité. Une année exceptionnelle isolée ne sera pas pleinement comptée, mais une régularité sur 3 ans, oui.
Tu veux échanger avec d’autres acheteurs sur ta situation ?
Évaluer sa capacité d’achat réelle, c’est rassurant quand on a les bons repères, mais ça génère beaucoup de questions personnelles. « Avec mon profil, est-ce que je peux viser ce programme ? » « Mon CDD va-t-il bloquer mon dossier ? » « Comment optimiser mon apport et mon PTZ ? »
Le meilleur moyen d’y voir clair, c’est d’échanger avec d’autres acheteurs qui sont passés par les mêmes interrogations. C’est précisément l’objectif du Club du neuf : une communauté d’acheteurs en VEFA, débutants et confirmés, qui partagent leurs retours, leurs montages, et leurs astuces pour optimiser leur dossier.
7. Les leviers pour acheter avec un salaire plus modeste
Tu trouves que ton salaire est juste pour ton projet ? Voici les leviers concrets pour augmenter ta capacité d’achat.
Levier 1 : le PTZ
Pour un primo-accédant, c’est un levier précieux. Comme on l’a démontré plus haut, le PTZ à 0 % te permet d’emprunter davantage de capital pour une même mensualité. Sur un PTZ de 60 000 €, c’est environ 19 000 € de capacité supplémentaire à mensualité égale. Et grâce au différé de remboursement (5 à 15 ans selon ta tranche), tes premières années sont plus légères. Beaucoup de gens pensent ne pas y avoir droit alors qu’ils sont éligibles. Vérifie systématiquement. L’article PTZ 2026 : conditions, montants, zones te donne tous les barèmes.
Levier 2 : allonger la durée du prêt
Passer de 20 à 25 ans (voire 27 ans dans le neuf avec différé) réduit ta mensualité, donc augmente ta capacité d’emprunt à salaire égal. Le coût total du crédit augmente, mais le projet devient accessible.
Sur 1 200 € de mensualité : 20 ans = ~210 000 € empruntables, 25 ans = ~243 000 €. Soit 33 000 € de plus.
Levier 3 : solder les crédits en cours
Chaque crédit conso ou auto réduit ta capacité d’emprunt immobilier. Si tu peux solder un crédit avant ta demande de prêt, ta capacité augmente mécaniquement. Un crédit auto de 300 €/mois soldé, c’est ~60 000 € de capacité d’emprunt récupérée.
Levier 4 : acheter à deux
Un achat en couple cumule les revenus, donc double quasiment la capacité. Même un achat avec un proche (parent, ami via SCI) peut être envisagé pour augmenter la capacité, sous réserve d’un montage juridique solide.
Levier 5 : viser une zone moins chère
Le même budget achète un studio à Paris ou un T3 à Saint-Étienne. Si la flexibilité géographique est possible (télétravail, investissement locatif), élargir la zone de recherche change tout.
Levier 6 : Action Logement et prêts complémentaires
Si tu es salarié du privé, le prêt Action Logement (autour de 1 % en 2026, jusqu’à 30 000 €) vient compléter ton montage à taux réduit. Comme le PTZ, c’est un prêt à rembourser, mais son taux très bas produit le même type d’effet : il « coûte » peu en mensualité, ce qui te permet d’emprunter un peu plus de capital total pour le même remboursement.
8. Cas concrets selon les profils
Pour finir, des exemples réels qui montrent que le neuf est plus accessible qu’on ne croit. Dans chaque cas, on intègre le PTZ correctement : il augmente le capital empruntable à mensualité égale, sans s’empiler comme de l’apport.
Cas 1 : Léa, infirmière célibataire, 2 300 € net
Projet : studio neuf à Limoges, 135 000 €.
- Mensualité max (35 %) : ~805 €
- Capacité d’emprunt sans PTZ : ~163 000 €
- Avec un PTZ de 35 000 € (primo-accédante, zone B2), à mensualité égale, sa capacité totale monte à environ ~174 000 €
- Apport : 10 000 €
- Budget accessible : ~184 000 €
Léa peut donc acheter son studio à 135 000 € avec une vraie marge, et même viser un petit T2. Le PTZ ne lui « offre » pas 35 000 € de budget en plus, mais il augmente sa capacité d’emprunt d’environ 11 000 € (grâce au 0 %) et allège ses premières années via le différé. Avec 2 300 € net, l’accession est largement possible, contrairement à l’idée reçue.
Cas 2 : Marc et Sophie, couple, 4 200 € net cumulés
Projet : T3 neuf à Angers, 290 000 €.
- Mensualité max (35 %) : ~1 470 €
- Capacité d’emprunt sans PTZ : ~297 000 €
- Avec un PTZ de 75 000 € (primo-accédants, zone B1), à mensualité égale, leur capacité totale monte à environ ~320 000 €
- Apport : 30 000 €
- Budget accessible : ~350 000 €
Le T3 à 290 000 € est confortablement dans leurs moyens. Le PTZ leur fait gagner environ 23 000 € de capacité d’emprunt à mensualité égale, et réduit nettement le coût total de leur crédit grâce au 0 %.
Cas 3 : Karim, cadre célibataire, 3 800 € net, avec crédit auto
Projet : T2 neuf à Lyon, 320 000 €.
- Crédit auto en cours : 320 €/mois
- Mensualité immo max : (3 800 × 0,35) – 320 = 1 010 €
- Capacité d’emprunt sans PTZ : ~204 000 €
- Avec un PTZ de 90 000 € (primo-accédant, zone A), à mensualité égale, sa capacité totale monte à environ ~232 000 €
- Apport : 35 000 €
- Budget accessible : ~267 000 €
Avec 267 000 €, Karim ne peut pas atteindre son T2 lyonnais à 320 000 €, malgré le PTZ. Son crédit auto plombe sa capacité. S’il le soldait, sa mensualité max remonterait à 1 330 €, soit une capacité totale (PTZ inclus) d’environ ~305 000 € et un budget de ~340 000 €, cette fois suffisant. La leçon : avant de viser un bien cher, soldez les crédits conso, c’est souvent plus efficace que n’importe quel dispositif aidé.
👉 À retenir : dans les trois cas, le PTZ améliore réellement la capacité (à mensualité égale, on emprunte plus de capital grâce au 0 %) sans pour autant être un budget bonus qui tombe du ciel. Le vrai déclencheur de capacité reste le niveau de revenus, l’apport, et l’absence d’autres crédits. Le PTZ vient amplifier, pas remplacer.
FAQ : tes questions sur le revenu nécessaire pour acheter dans le neuf
Peut-on acheter dans le neuf avec un SMIC ?
C’est difficile seul, mais pas impossible dans certaines configurations. Avec un SMIC (environ 1 400 € net), la capacité d’emprunt est limitée (~100 000 € au taux du marché, un peu plus avec un PTZ). Avec un apport et un bien dans une ville très abordable, un studio peut devenir accessible. En couple avec deux SMIC, la capacité double quasiment et les options s’élargissent nettement.
Le salaire du conjoint compte-t-il même s’il n’est pas sur le prêt ?
Pas directement. Pour que les revenus du conjoint soient pris en compte dans la capacité d’emprunt, il doit en principe être co-emprunteur. Un conjoint qui n’est pas sur le prêt ne voit pas ses revenus comptabilisés. C’est pourquoi la plupart des couples empruntent à deux, même si un seul a un revenu élevé.
Combien de fois mon salaire puis-je emprunter ?
Il n’y a pas de règle en « nombre de fois le salaire » en France (contrairement à certains pays). La capacité dépend de la mensualité maximale (35 % des revenus) et de la durée. En ordre de grandeur, avec les taux 2026, tu peux emprunter environ 7 à 9 fois ton revenu annuel net selon la durée et l’absence d’autres crédits. Un PTZ peut pousser ce ratio un peu plus haut grâce à son taux à 0 %.
Faut-il un CDI obligatoirement pour acheter dans le neuf ?
Non, mais le CDI reste le profil préféré des banques. Les fonctionnaires titulaires, les retraités, les professions libérales établies et les TNS avec historique solide peuvent aussi emprunter. Les CDD et intérimaires peuvent y arriver avec une ancienneté et une régularité démontrées sur plusieurs années dans le même secteur.
Le PTZ change-t-il vraiment beaucoup la capacité d’achat ?
Oui, mais pas de la façon qu’on imagine. Le PTZ ne s’ajoute pas par-dessus ta capacité comme de l’apport, puisque c’est un prêt que tu rembourses. Son effet vient de son taux à 0 % : à mensualité égale, une part de ton financement ne porte pas d’intérêts, donc tu peux emprunter plus de capital total. Sur un PTZ de 60 000 €, c’est environ 19 000 € de capacité supplémentaire. Ajoute le différé de remboursement (tu commences à rembourser le PTZ après plusieurs années) et l’allègement des premières années est encore plus net.
Vaut-il mieux emprunter sur 20 ou 25 ans pour un premier achat ?
Pour un premier achat avec un budget serré, 25 ans (voire 27 ans dans le neuf avec différé) est souvent préférable : la mensualité plus basse facilite l’obtention du prêt et préserve ta capacité d’épargne. Le coût total est plus élevé, mais tu pourras toujours faire des remboursements anticipés plus tard si ta situation s’améliore. La flexibilité prime au démarrage.
Pour conclure
La question « combien faut-il gagner pour acheter dans le neuf » n’a pas de réponse unique, mais elle a une réponse beaucoup plus accessible que l’idée reçue des « 5 000 € minimum ». Un studio neuf est accessible dès 1 500-2 000 € de revenus. Un T2 demande 2 300 à 3 600 €. Un T3 entre 3 300 et 5 400 €, généralement en couple.
Mais surtout, le salaire n’est qu’un facteur parmi quatre. Ton apport, tes crédits en cours, et les dispositifs aidés modifient radicalement l’équation. L’apport s’ajoute directement à ton budget. Le PTZ, lui, augmente ton capital empruntable à mensualité égale grâce à son taux à 0 %. Deux personnes au même salaire peuvent donc avoir des capacités d’achat très différentes selon leur situation globale.
Avant de conclure que tu ne gagnes pas assez, fais le calcul complet : capacité d’emprunt totale (prêt principal + PTZ + prêts aidés) + apport personnel. Et si le compte n’y est pas tout à fait, active les leviers : allongement de durée, solde des crédits en cours, achat à deux, ou zone plus abordable. Le neuf est souvent plus accessible qu’on ne le pense.
Pour aller plus loin sur le financement complet de ton projet, le guide complet sur le financement d’un achat en VEFA reprend tous les leviers en détail. Et pour optimiser ton montage avec le PTZ, va voir l’article PTZ 2026 : conditions, montants, zones.